Canicule : nous n’avons plus d’excuses pour ne pas agir
En bref : face à la canicule, on gère l’urgence et c’est bien normal. Il ne serait pas humain d’essayer de sauver un maximum de vies. Mais une fois la crise passée, l’inaction n’a plus de justification. Les solutions de décarbonation existent, elles sont documentées, et il n’est pas trop tard pour les déployer collectivement. Alors, voilà pourquoi nous développerons le fil des solutions tout au long des semaines et mois à venir.
Quand l’urgence prend toute la place
Vagues de chaleur à répétition, pics de pollution, écoles fermées, hôpitaux sous tension : face à la canicule, le réflexe est légitime : on gère l’instant. Rafraîchir les bâtiments, protéger les plus vulnérables, tenir le coup. Personne ne reproche à personne de parer au plus pressé quand le thermomètre s’envole.
Mais cette gestion de crise a un revers : une fois l’épisode passé, le sujet retombe, jusqu’à la prochaine alerte. Et c’est précisément ce cycle qu’il faut rompre.
« On verra plus tard » : une excuse qui ne tient plus
Pendant longtemps, l’inaction climatique s’est nourrie d’une incertitude réelle ou supposée. Car on ne savait pas trop par où commencer, les solutions semblaient floues, lointaines, ou réservées aux experts. Cette excuse là ne fonctionne plus.
Les rapports du GIEC existent depuis suffisamment longtemps pour pouvoir vérifier la véracité des tendances des données scientifiques qu’ils rapportent. Force est de constater que leur mission de compiler toutes les études scientifiques et d’en tirer des projections, nous fournis des éléments fiables pour comprendre la situation et ce qu’il faut faire. Ne nous laissons plus aller aux croyances, et basons nous sur le factuel et rien ne l’est plus que la science. Autrement dit, l’argument du « on ne sait pas quoi faire » a expiré. Ce qui reste, c’est une question de volonté collective et de mise en œuvre des solutions de décarbonation.
La bonne nouvelle : les solutions de décarbonation existent déjà
C’est tout l’objet du livre de la géographe Magali Reghezza-Zitt, Bienvenue en 2055 dans un monde neutre en carbone (Seuil, 256 pages). Son point de départ : reprendre les travaux du GIEC pour évaluer froidement les solutions disponibles, plutôt que de se contenter de spéculer sur un monde plus chaud.
Sa conclusion est sans ambiguïté : contrairement au discours qui présente la sortie des énergies fossiles comme un renoncement, les solutions de décarbonation existent. Mieux : elles ne sont pas régressives. Elles améliorent la santé, le confort des logements, la lutte contre la malbouffe et l’isolement des personnes âgées ou handicapées. Elles redessinent aussi l’économie, certes certains emplois disparaissent, mais d’autres se créent et renforcent la souveraineté industrielle d’un pays comme la France.
Concrètement, qu’est-ce que ça change ?
Cette bascule de regard a des implications très concrètes. Rénover un bâtiment pour le rendre confortable en été, c’est aussi réduire sa facture énergétique l’hiver. Relocaliser une production, c’est gagner en résilience face aux prochaines crises climatiques et en indépendance économique. Repenser l’alimentation ou les mobilités, c’est répondre à des problèmes de santé publique tout en réduisant des émissions.
Autrement dit : la décarbonation n’est pas un sacrifice abstrait imposé d’en haut. C’est une réponse concrète à des problèmes que les Français vivent déjà au quotidien.
Il n’est pas trop tard, mais il faut agir ensemble
La canicule rappelle l’urgence ; le travail de chercheurs comme Magali Reghezza-Zitt rappelle qu’elle n’est pas une fatalité. Les solutions sont documentées, chiffrées, disponibles. Ce qui manque encore, c’est le passage à l’échelle collective : entreprises, collectivités, citoyens, chacun à son niveau.
Alors la prochaine fois que la chaleur retombe et que l’actualité passe à autre chose, une question reste posée : qu’est-ce qu’on fait, maintenant qu’on sait ?
Pour aller plus loin : Magali Reghezza-Zitt, Bienvenue en 2055 dans un monde neutre en carbone, Éditions du Seuil, 256 pages.
